La voilà, ma grande révérence. On peut se demander comment j’en suis arrivé là, au bout de six mois, subitement. Je suis allé sur Fetlife 2 fois depuis un mois, pour généralement soupirer en disant haut et fort “Wow, encore des boules mauves à force d’être attachées” ou “Hein encore une fille qui a l’air mineure qui se fait venir dans face…super!”. SNS et moi n’avons pas joué une seule fois depuis le 19 août. Les raisons sont nombreuses et cela a été objet de nombreuses discussions (mais aucune engeulade
) avec mon amour et d’encore plus nombreuses réflexions sur le sujet. Je pourrais prétexter le manque de temps, la fatigue intense (je traine un rhume depuis 2 semaines), le stress engendré par la rentrée scolaire… mais ce ne serait que masquer la vérité, à mon avis. En toute sincérité, je ne veux plus être identifié comme un membre de cette “Communauté” auquel on associe les “pratiquants”.
J’ai rencontré dans les divers évènements plusieurs individus très sympathiques, intéressants, plaisants à cotôyer. Certains demeureront (je l’espère) mes amis et il me fera plaisir de continuer à aller à certaines soirées kinky avec eux, parce qu’il s’agit de très bons moments passés en excellente compagnie. Or, il ne s’agit là que d’une minorité. Pour chaque LadyMcKnotty ou Gomi (pour ne nommer qu’eux), j’ai rencontré une dizaine de mésadaptés sociaux, de malades mentaux en puissance, d’âmes esseulées aux carrences affectives multiples et personnes criblés de troubles bizaroïdes. J’ai vu des couples avoir des conflits assez sérieux sur la façon de frapper, la façon de dominer, la façon de jouer bref. J’ai vu des relations complètement inégalitaires où les deux souffraient, même, peu importe ce qu’on clâmait haut et fort. Ces rencontres ont créé l’image que j’ai actuellement de la Communauté, conception peu flatteuse au bout du compte (je n’en ferai pas l’exposition ici, pour ne pas blesser ceux que j’aime qui y adhère).
De plus, sur une toute autre note, je réalise que la sexualité n’a de sens à mes yeux que dans le domaine du privé. Parler d’sexe (et le pratiquer) à tord et à travers comme on parle (et joue) au hockey, ça ne fait que dénaturer le tout. J’ai essayé des choses, j’suis allé au bout de mes ambitions dans plusieurs domaines… et maintenant j’me rends compte que ça n’en vaut pas la peine.
Peut-être qu’on va dire que je ne suis pas un “vrai” pratiquant du BDSM, ou que je me suis présenté comme beaucoup plus “hardcore” que je le suis vraiment. J’m'en moque profondément. Ce que je sais, c’est que je n’ai pas besoin de ce genre de loisirs pour me sentir accompli en tant que personne et que ça ne m’apporte ultimement plus grand-chose. Je ne souhaite plus me donner en spectacle comme dans une certaine soirée à l’Euro et je n’ai jamais aucun besoin de m’identifier à un groupe où pullulent les anomalies sociales.
J’espère sincèrement qu’en m’affranchissant de toute cette histoire, en redonnant sa place “normale” à notre sexualité, je vais retrouver le goût des pratiques qui me faisaient tant vibrer auparavant et depuis plus de 7 ans.
Sincèrement vôtre,
9vies